Monday, February 23, 2009

Échecs – partie remise


Dieu jouait aux échecs avec Allah
En silence, depuis un bon bout de temps déjà.

Échappés à leur constante surveillance et à leur gentil grondement
Les humains se sont mis à se taire ensemble
Et à agir comme si la parole n’avait jamais été inventée
Ils ont vu ainsi naître leur première création : le conflit.

Plus tard, par manque d’occupation plus stimulante
Ils ont créé la guerre, leur deuxième création.
Du même coup, ils ont apprivoisé les femmes et les ont enfermées
Dans des vêtements et dans des préjugés.

Quand Dieu et Allah ont fini leur partie (résultat : partie remise, comme vous pouvez l’imaginer aisément)
Le monde était déjà ce qu’on connaît aujourd’hui.

Il ne restait qu’à créer le sourire, le concept de liberté
Et les journalistes
Pour qu’ils nous présentent leurs découpages… De réalité.
PS Inutile de donner un coup de fil à Dieu... je viens de vous dire qu'il est occupé

Sunday, February 15, 2009

Je ne veux pas te voir habillée de noir de tête aux pieds, avec ces lunettes reposant non pas sur ton nez, mais sur le tissu qui te couvre tout le visage. Et ne me dis pas que tu t’habilles ainsi par modestie! Tu attires plus l’attention aussi modeste que tu t’imagines que je le fais moi aussi rebelle et bavarde que je me crois, car dans la société moderne plus nous sommes conformes, plus nous passons inaperçus. En plus, prends soin, comme je monte l’escalier, je vois tes chaussures sport blanches et ici tu enfreints la règle du noir!

Ne me dis pas non plus que tu te juges l’égale de l’homme qui t’accompagne, il n’a pas le visage couvert de noir, lui; oui, c’est vrai, il a quelques longs poils dans sa barbe, mais est-ce pareil à ton noir accoutrement? Regarde un peu, il est habillé dans des couleurs neutres, personne ne le remarquerait s’il n’était pas avec toi. Et tu appelles cela de la modestie? Non, c’est de l’arrogance pure! Tout le monde te regarde, avec plus d’intérêt que si tu étais toute nue là, en haut de cet escalier que je monte en haletant lourdement… ma peine de femme moderne qui doit maintenir sa forme physique et sa silhouette. Vois-tu jusqu’à quel point je suis conforme?

Et, de grâce, je ne veux pas t’entendre me dire que tu t’habilles pareillement pour ton Allah, car, sans vouloir te blesser, je te dis que cela fait plus de deux millénaires qu’il joue tranquillement aux échecs avec mon Dieu. Comment expliquer autrement Leur aveuglement face à la haine déversée sur terre? Ils sont occupés et tu ne dois pas te raconter des histoires concernant Leur capacité d’être L’un et L’autre attentifs à nos besoins, car dès qu’Ils finiront Leur partie Ils vont en débuter une autre et, en plus, Ils se foutent de qui gagne parce que Leur partie d’échecs est juste un passe-temps pour Leur éternité.

Friday, February 13, 2009

Bruit


Dieu entend-t-il la percolation de l’hiver dans mon âme?

Tout un bruit, je te dis

Si fort
Que je n’arrive plus à saisir les lourds pas du soleil
Quant il monte à sa place au ciel.

J’entends néanmoins
l’entrechoquement des banquises sur le fleuve
et le petit Cardinal sur la montagne.

Tuesday, February 10, 2009

Saramago


"on dirait que tu ne vois pas que les mots sont des étiquettes collées sur les choses, les mots ne sont pas les choses, tu ne sauras jamais comment sont les choses, pas même quels sont leur vrais noms, car les noms que tu leur donnes ne sont que cela, les noms que tu leur donnes." José Saramago - Les intermittences de la mort

Non, pas encore Dieu!


Ce matin, Dieu jouait à Gauguin
De belles couleurs qu’Il avait mises sur sa palette
Il barbouilla la moitié est du ciel
de violet, de rouge, de jaune
avant de se rendre compte que personne ne regardait :
tout le monde était enfermé quelque part
en autobus, en métro, en soi-même…

Ennuyé, il a tout laissé tomber
dans la grisaille

La palette saturée en couleurs de droite (chaudes)
est restée briller tranquillement
dans ma poche.

Et toi, qu’est-ce que tu caches dans la tienne?